26. mai, 2013

CONVERSION

J'ai rencontré Jésus, tout comme en Palestine
Il a pris par la main son enfant qui dormait
Pour le mettre debout
Ainsi enveloppé de tendresse divine
L'enfant s'est relevé et, riche désormais
Des bienfaits transparents de mille découvertes
Il a promis de vivre avec les mains ouvertes
Et de crier partout
Jésus est là, vivant, tout comme en Palestine !

J'ai écouté Jésus sur un chemin désert
Où son enfant, blessé, refusait de l'entendre
Parce-qu'il était sourd
Et soudain dans le froid malgré le ciel d'hiver
L'écho de cette voix est devenu si tendre
Que la glace a fondu sous la douce chaleur
Caressant lentement tous les replis du coeur
Qui s'ouvrait à l'amour
J'ai entendu Jésus, sur un chemin désert.

J'ai regardé Jésus, dans la nuit du silence
Il a frotté les yeux d'un aveugle attristé
Pour ouvrir son regard
Ce qui faisait obstacle à toute transparence
Par ce geste béni, s'est dès lors, écarté,
Et les yeux de l'aveugle ont connu la lumière
Et l'ont conduit joyeux au-devant de ses frères
Pour un nouveau départ
Annonçant que Jésus allume l'espérance.

J'ai parlé à Jésus, sur le chemin du doute
Son enfant repoussé n'avait plus rien à dire
Parce-qu'il était muet...
Jésus s'est arrêté un moment sur la route
Pour le temps d'un regard et le temps d'un sourire
C'est ainsi que l'amour dépassant le silence
A permis d'inventer au creux d'une souffrance
Un partage discret
J'ai parlé à Jésus sur le chemin du doute.

J'ai couru vers Jésus malgré tous les obstacles
son enfant épuisé ne pouvait plus marcher :
Homme paralysé
Et voici que l'amour qui seul fait des miracles
A construit le bonheur qu'on voulait empêcher,
Malades et blessés se sont pris par la main
Et les voici unis sur le même chemin
Pour y réaliser
La marche vers Jésus malgré tous les obstacles.


Carême, 1992

Antoinette GendronPinçon (Mamita)