26. mai, 2013

IL LES AIMA JUSQU'AU BOUT

Parce que l'heure était venue
Tu n'as pas craint Seigneur
De te mettre à genoux pour être serviteur
Ce soir faut-il aussi pour nous
Que l'heure soit venue d'éclater notre coeur
De nous mettre à genoux pour laver les blessures
De nos frères qui pleurent ?
Ils pleurent de notre indifférence
De notre intolérance
Ils crient sans cesse au monde leur souffrance
Mais le monde n'entend pas.
Ils sont meurtris, anéantis,
Par la violence des combats
Brûlés par le feu de toutes les guerres
Ils sont écrasés
Sous le poids de la maladie, ils sont blessés
D'être nourris du pain que l'on mendie
Ils sont brisés, courbés à terre
Par les efforts usants du travail à la chaîne
Ou bien par la recherche vaine
D'un impossible emploi
Ils sont détruits par le poison du désespoir
Drogue, alcool, enfer de solitude
Ou ils s'enferment dans le noir
Prisonniers de leurs habitudes !...
Oui parce que l'heure est venue,
Nous devons les aimer jusqu'au bout
En les acceptant tels qu'ils sont...
Etre simplement serviteurs
Ce n'est plus être spectateur
Mais c'est se sentir concernés
Par tout ce qui fait leur détresse
En portant un regard nouveau
Un regard plein de tendresse
Un regard qui redonne aux plus abandonnés
La force d'espérer en un monde plus beau
Qui les aimera jusqu'au bout
Pour les avoir aimés au-delà du possible
Pour avoir fait confiance à l'incompréhensible
Nous pourrons partager le soir de cette Cène
Le pain que le Seigneur a rompu de sa main
Il est pétri d'amour, de larmes et de peine,
C'est un levain d'espoir, il supprime la haine
Et cette nourriture apaise toute faim !...
Souffrance des hommes !
Joie des hommes ! Amour des hommes !
Vous êtes le corps du Christ
Si tu le veux, Seigneur, au soir de cette Cène
Nous voulons accueillir au fond de notre coeur
Afin de les entendre pour l'éternité
Ces paroles que ton ministre et serviteur
A le privilège de répéter,
"Ceci est mon corps !
Faites celà en mémoire de moi !"


Jeudi Saint 31 mars 1994

Antoinette GendronPinçon (Mamita)