11. avr., 2018

CONSTRUIRE ENSEMBLE UN MONDE JUSTE ET FRATERNEL

 "Le moment est venu pour que, Ce qui nous unit

prenne le pas sur ce qui nous oppose et nous divise. »

 

A la veille de notre grande Assemblée Paroissiale, j'ai réfléchi à la façon dont nous pourrions mettre en oeuvre les 3 Lois Synodales choisies par notre paroisse parmi tous les thème proposés dans les Actes du Synode. N'ayant malheureusement pas l'art de m'exprimer oralement, j'ai préféré choisir l'écriture, domaine dans lequel je me sens plus à l'aise. J'ai fait parvenir ces quelques idées personnelles à quelques personnes dont certaines m'ont remercié pour avoir su exprimer ce qu'elles partagent mais qu'elles n'auraient su écrire elles-mêmes. C'est pourquoi j'ai décidé de publier cet article que je considère comme un témoignage personnel dans lequel certains d'entre vous pourront se reconnaître ou au contraire avoir un avis opposé, ce qui pourrait donner lieu à un partage d'idées enrichissant lors de cette Assemblée.

 

  • Former des Fraternités (LS 8)
  • Les jeunes dans la liturgie (LS 16)
  • Créer du lien (LS 21)

 Nous vivons actuellement dans un monde qui privilégie la raison économique à toutes les autres ce qui occasionne des dysfonctionnements à l’intérieur même des établissements dont la principale mission est de préserver la vie et la dignité de la personne humaine. Voyez ce qui se passe dans les hôpitaux et les EHPAD ou nous assistons à des actes de maltraitance dus au manque de personnel faute de moyens économiques.

 Notre société est telle que la plupart des organismes, établissements et associations sont régis par les lois des finances ce qui les rend plus ou moins dépendants de ceux qui votent les budgets et subventions. Les paroisses n’échappent malheureusement pas à cette règle et font passer en priorité les aspects économiques, logistiques et liturgiques qui prennent souvent le pas sur la dimension évangélique et eucharistique.

 Ce qui doit unir avant tout les chrétiens que nous sommes c’est la Joie de l’Evangile que nous devons mettre en pratique en suivant l’exemple du Christ lui-même qui a donné sa vie pour nous. C’est là l’essentiel du Mystère Pascal que nous venons de revivre et que nous devons revivre chaque jour en étant proches de nos frères les plus pauvres, les plus malades, les plus seuls, les plus démunis. C’est pourquoi notre Eglise doit être ouverte sur le monde et la Maison Paroissiale est un outil extraordinaire pour créer ce lien entre tous, croyants et non croyants.

 Lors de l’inauguration notre curé et notre évêque ont particulièrement insisté sur notre rôle de disciples-missionnaires qui consiste, comme nous l’a enseigné notre Pape François, à aller aux périphéries à la rencontre des personnes les plus pauvres. La pauvreté n’est pas que matérielle, certaines personnes âgées, bien que nanties, peuvent se sentir abandonnées et souffrir d’une grande solitude, d’autres, plus jeunes, en recherche d’emploi après une maladie, arrivant dans une nouvelle commune, peuvent se trouver dans une grande détresse spirituelle, ne trouvant personne à qui parler. C’est en connaissance de cause que j’ai vécu ces deux expériences concernant des personnes de ma famille et malheureusement dans un cas comme dans l’autre, je n’ai pas réussi à trouver l’accueil et l’écoute qu’on aurait pu attendre des paroisses concernées. J’ose espérer que si de tels cas se présentaient dans notre paroisse, nous saurions les repérer et y répondre avec fraternité. C’est pourquoi, je considère qu’il est important de créer du lien à plusieurs niveaux :

  • En assurant une meilleure coordination entre toutes les équipes des différents relais par des moyens de communication accessibles à tous (Bulletin paroissial, site internet, courriels, téléphone, feuilles de messe, rencontres…)
  • En proposant d’associer à différents services les paroissiens que l’on accueille à la messe le dimanche, selon leur disponibilité, leurs aptitudes et leur souhait afin de compléter ou renouveler des équipes fatiguées.
  • En ouvrant les portes de la Maison Paroissiale de façon ponctuelle (par exemple un après-midi par mois) pour accueillir toute personne quelle qu’elle soit, sans distinction de race, de religion ou de milieu social, qui ne sait où s’adresser pour trouver un peu de chaleur humaine. Pour accomplir notre rôle de disciples missionnaires, nous sommes appelés à être des veilleurs, c’est-à-dire à être attentifs dans nos lieux de vie à toute personne isolée, malade, en souffrance et en précarité comme le prévoit la Loi Synodale n°29 « être des veilleurs » et la Loi Synodale n°28 « briser la solitude » que je trouve indissociables de la Loi Synodale n°21 « créer du lien » choisie par notre paroisse.

 Je suis personnellement impliquée dans le Secours Catholique dont la mission est justement d’intervenir près des personnes en situation de précarité. Si pour beaucoup la notion de précarité se situe au niveau matériel, il est de nombreuses formes de pauvreté que l’on a tendance à oublier. Mon engagement au Secours Catholique est en lien direct avec ma foi chrétienne qui est indissociable de ma vie personnelle. C’est en effet pour moi le meilleur moyen de vivre l’évangile selon St Matthieu (25, 31-46) « J’avais faim et vous m’avez donné à manger…J’étais un étranger et vous m’avez accueilli … » C’est pourquoi, je considère notre Maison Paroissiale comme un lieu privilégié pour accueillir tout simplement les personnes qui sont en recherche de fraternité.

 Ce qui nous amène directement à cette Loi Synodale N°8 : Former des Fraternités

Il existe actuellement quelques fraternités sur notre paroisse qui rassemble des personnes selon leur sensibilités spirituelles. Heureusement nous sommes tous différents avec des expériences et des besoins correspondant à nos parcours de vie personnels. C’est ainsi que certaines personnes se retrouvent pour prier ensemble à travers des petits groupes :

  • Le chapelet récité chaque semaine dans certains relais à l’intention de la Paix dans le monde
  • Les prières des Mères qui rassemblent les mamans pour prier à l’intention de toutes celles qui rencontrent des difficultés et des épreuves très lourdes avec leurs enfants.
  • La présence fraternelle dont la vocation est d’apporter un réconfort aux personnes âgées, seules ou malades qui ont besoin de se sentir aimées.
  • Les messes de semaine où se retrouvent le plus souvent des personnes engagées dans d’autres fraternités et qui viennent se ressourcer à travers l’écoute de la Parole de Dieu et l’Eucharistie qui sont essentielles à la vie de tout chrétien.

 La Loi Synodale n°16 concerne les jeunes dans la liturgie                 On constate malheureusement que les jeunes ne sont pas très présents dans notre paroisse. Il me semble que ce qui peut attirer les jeunes dans l’Eglise c’est d’abord l’exemple des adultes. N’avons-nous pas la responsabilité de faire rayonner la Joie de l’Evangile ? Si nous considérons la messe du dimanche comme une obligation dont nous devons nous acquitter pour être en règle avec les préceptes de l’Eglise Catholique, nous risquons de ne pas être attentifs et de passer à côté du message de l’Evangile, car trop préoccupés par nos obligations personnelles et familiales. Il me paraît essentiel de comprendre ce qu’est véritablement la Messe. Pourquoi allons-nous à la Messe ? Quelles sont les différentes étapes liturgiques ? A quoi correspondent-elles ? Pourquoi

Prononce-t-on certaines paroles ? Qu’est-ce que l’Eucharistie ? Comment et pourquoi communier ? Beaucoup de questions que ne se posent même plus certaines personnes ancrées dans leurs habitudes et qui ont oublié le véritable sens de la Messe. Je ne me permettrai pas de porter un jugement car en ce qui me concerne, il n’y a pas si longtemps que je l’ai moi-même redécouvert. Mais il m’arrive d’être un peu triste lorsque, après avoir reçu le Corps du Christ, me sentant en communion avec mes frères et sœurs, j’ai besoin de me recueillir, j’entends autour de moi des commentaires sur la longueur de la cérémonie !

 En effet, j’attache beaucoup d’importance à ce moment d’intimité avec le Christ qui est tout en tous ! et j’ai envie de partager cette Joie avec les personnes que je rencontre tout au long de la semaine. C’est d’ailleurs ce à quoi nous invite le prêtre lors de l’envoi en mission à la fin de la messe. Il nous appartient à nous chrétiens de témoigner du Christ ressuscité et de la Joie de l’Evangile en donnant envie aux plus jeunes de suivre notre exemple.

 J’ai reçu ce don de l’émerveillement qui me fait voir la vie d’une façon positive et malgré les épreuves que j’ai pu rencontrer, j’ai gardé en moi cette Joie de l’Evangile que j’ai envie de partager avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui n’est pas toujours évident pour les uns, mais peut être apprécié, par les autres !

 Françoise