QUESTION DE POINT DE VUE

22. août, 2018

L’émerveillement

 C’est un don que nous possédons tous dès la naissance mais qui s’amenuise à mesure que l’on apprend à regarder l’avenir avec gravité. En ce qui me concerne, cette faculté n’a cessé de grandir sans que j’en aie vraiment conscience jusqu’à aujourd’hui !

 En effet, j’ai depuis toujours le sentiment d’être heureuse et ceci en dépit des difficultés rencontrées au cours de ma vie mais je n’avais jamais vraiment réalisé que le bonheur dépendait simplement de notre capacité d’émerveillement !

 Cela peut paraître indécent aux yeux de certains, dans une époque où le monde semble aller si mal, du moins d’après ce que les médias se font un devoir de nous montrer. Il faut dire que dans le temps imparti au journal télévisé il est difficile de parler de tout et il est essentiel d’informer les téléspectateurs des événements graves qui se déroulent à travers le monde ; ceci à travers des images spectaculaires qui ont pour effet de générer des sentiments négatifs chez les personnes qui se contentent de ces informations, annihilant chez elles tout effet d’émerveillement ! Il est dommage que ces journaux ne se terminent pas par des exemples concrets d’actions positives menées par des personnes qui se soucient encore de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ! Cela pourrait peut-être changer la mentalité de certains en leur donnant l’opportunité de pouvoir encore s’émerveiller !

 Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de voir dans une vitrine un tableau représentant l’intérieur d’un hangar avec un bateau en construction. Des objets de toutes sortes jonchaient le sol : bidons d’huile ou d’essence, chiffons, outils, enfin tout ce qu’on peut trouver dans un atelier en désordre ! Très surprise de constater que ce que beaucoup d’entre nous aurait pu qualifier de « fouillis innommable » vu par les yeux du peintre représentait un véritable chef d’œuvre ! En effet, chaque objet était peint avec une telle minutie qu’il ne pouvait échapper à  notre regard nous obligeant à en apprécier chaque détail  qu’on n’aurait jamais remarqué en pénétrant réellement dans ce local. Seul le regard émerveillé du peintre sur chaque élément pouvait en faire ressortir la magie à travers ses pinceaux créant ainsi une véritable merveille !

 J’ai moi-même eu très souvent un regard émerveillé sur certains détails de la nature pouvant paraître insignifiants aux yeux de certains et que j’ai immortalisés en photographie. C’est le cas entre autre, de cette vase séchée sous mes pieds d’où sortaient quelques feuilles de salicorne et qui représente pour moi le symbole de la résilience. Cependant outre la nature, il existe pour moi bien d’autres sources d’émerveillement, comme un sourire ou quelques mots échangés avec un promeneur croisé lors d’une marche à travers les sentiers. Il est en effet, merveilleux de penser qu’on a été en communion, le temps d’un simple regard avec une personne qu’on ne reverra plus jamais. Comment ne pas s’émerveiller devant le spectacle de la vie, comme la naissance d’un enfant, le rétablissement d’une personne malade, la réconciliation entre époux, amis ou frères et sœurs séparés par des divergences d’intérêts ou d’opinions, par des gestes simples de solidarité. Chaque personne ou chaque chose possède un bon et un mauvais côté et chaque personne ou chaque chose peut être source d’émerveillement si on la regarde du bon côté !

 Chacun de nous possède des qualités quelquefois insoupçonnées, il suffit de les découvrir pour s’en émerveiller et connaître le vrai bonheur.

Françoise

11. avr., 2018

 "Le moment est venu pour que, Ce qui nous unit

prenne le pas sur ce qui nous oppose et nous divise. »

 

A la veille de notre grande Assemblée Paroissiale, j'ai réfléchi à la façon dont nous pourrions mettre en oeuvre les 3 Lois Synodales choisies par notre paroisse parmi tous les thème proposés dans les Actes du Synode. N'ayant malheureusement pas l'art de m'exprimer oralement, j'ai préféré choisir l'écriture, domaine dans lequel je me sens plus à l'aise. J'ai fait parvenir ces quelques idées personnelles à quelques personnes dont certaines m'ont remercié pour avoir su exprimer ce qu'elles partagent mais qu'elles n'auraient su écrire elles-mêmes. C'est pourquoi j'ai décidé de publier cet article que je considère comme un témoignage personnel dans lequel certains d'entre vous pourront se reconnaître ou au contraire avoir un avis opposé, ce qui pourrait donner lieu à un partage d'idées enrichissant lors de cette Assemblée.

 

  • Former des Fraternités (LS 8)
  • Les jeunes dans la liturgie (LS 16)
  • Créer du lien (LS 21)

 Nous vivons actuellement dans un monde qui privilégie la raison économique à toutes les autres ce qui occasionne des dysfonctionnements à l’intérieur même des établissements dont la principale mission est de préserver la vie et la dignité de la personne humaine. Voyez ce qui se passe dans les hôpitaux et les EHPAD ou nous assistons à des actes de maltraitance dus au manque de personnel faute de moyens économiques.

 Notre société est telle que la plupart des organismes, établissements et associations sont régis par les lois des finances ce qui les rend plus ou moins dépendants de ceux qui votent les budgets et subventions. Les paroisses n’échappent malheureusement pas à cette règle et font passer en priorité les aspects économiques, logistiques et liturgiques qui prennent souvent le pas sur la dimension évangélique et eucharistique.

 Ce qui doit unir avant tout les chrétiens que nous sommes c’est la Joie de l’Evangile que nous devons mettre en pratique en suivant l’exemple du Christ lui-même qui a donné sa vie pour nous. C’est là l’essentiel du Mystère Pascal que nous venons de revivre et que nous devons revivre chaque jour en étant proches de nos frères les plus pauvres, les plus malades, les plus seuls, les plus démunis. C’est pourquoi notre Eglise doit être ouverte sur le monde et la Maison Paroissiale est un outil extraordinaire pour créer ce lien entre tous, croyants et non croyants.

 Lors de l’inauguration notre curé et notre évêque ont particulièrement insisté sur notre rôle de disciples-missionnaires qui consiste, comme nous l’a enseigné notre Pape François, à aller aux périphéries à la rencontre des personnes les plus pauvres. La pauvreté n’est pas que matérielle, certaines personnes âgées, bien que nanties, peuvent se sentir abandonnées et souffrir d’une grande solitude, d’autres, plus jeunes, en recherche d’emploi après une maladie, arrivant dans une nouvelle commune, peuvent se trouver dans une grande détresse spirituelle, ne trouvant personne à qui parler. C’est en connaissance de cause que j’ai vécu ces deux expériences concernant des personnes de ma famille et malheureusement dans un cas comme dans l’autre, je n’ai pas réussi à trouver l’accueil et l’écoute qu’on aurait pu attendre des paroisses concernées. J’ose espérer que si de tels cas se présentaient dans notre paroisse, nous saurions les repérer et y répondre avec fraternité. C’est pourquoi, je considère qu’il est important de créer du lien à plusieurs niveaux :

  • En assurant une meilleure coordination entre toutes les équipes des différents relais par des moyens de communication accessibles à tous (Bulletin paroissial, site internet, courriels, téléphone, feuilles de messe, rencontres…)
  • En proposant d’associer à différents services les paroissiens que l’on accueille à la messe le dimanche, selon leur disponibilité, leurs aptitudes et leur souhait afin de compléter ou renouveler des équipes fatiguées.
  • En ouvrant les portes de la Maison Paroissiale de façon ponctuelle (par exemple un après-midi par mois) pour accueillir toute personne quelle qu’elle soit, sans distinction de race, de religion ou de milieu social, qui ne sait où s’adresser pour trouver un peu de chaleur humaine. Pour accomplir notre rôle de disciples missionnaires, nous sommes appelés à être des veilleurs, c’est-à-dire à être attentifs dans nos lieux de vie à toute personne isolée, malade, en souffrance et en précarité comme le prévoit la Loi Synodale n°29 « être des veilleurs » et la Loi Synodale n°28 « briser la solitude » que je trouve indissociables de la Loi Synodale n°21 « créer du lien » choisie par notre paroisse.

 Je suis personnellement impliquée dans le Secours Catholique dont la mission est justement d’intervenir près des personnes en situation de précarité. Si pour beaucoup la notion de précarité se situe au niveau matériel, il est de nombreuses formes de pauvreté que l’on a tendance à oublier. Mon engagement au Secours Catholique est en lien direct avec ma foi chrétienne qui est indissociable de ma vie personnelle. C’est en effet pour moi le meilleur moyen de vivre l’évangile selon St Matthieu (25, 31-46) « J’avais faim et vous m’avez donné à manger…J’étais un étranger et vous m’avez accueilli … » C’est pourquoi, je considère notre Maison Paroissiale comme un lieu privilégié pour accueillir tout simplement les personnes qui sont en recherche de fraternité.

 Ce qui nous amène directement à cette Loi Synodale N°8 : Former des Fraternités

Il existe actuellement quelques fraternités sur notre paroisse qui rassemble des personnes selon leur sensibilités spirituelles. Heureusement nous sommes tous différents avec des expériences et des besoins correspondant à nos parcours de vie personnels. C’est ainsi que certaines personnes se retrouvent pour prier ensemble à travers des petits groupes :

  • Le chapelet récité chaque semaine dans certains relais à l’intention de la Paix dans le monde
  • Les prières des Mères qui rassemblent les mamans pour prier à l’intention de toutes celles qui rencontrent des difficultés et des épreuves très lourdes avec leurs enfants.
  • La présence fraternelle dont la vocation est d’apporter un réconfort aux personnes âgées, seules ou malades qui ont besoin de se sentir aimées.
  • Les messes de semaine où se retrouvent le plus souvent des personnes engagées dans d’autres fraternités et qui viennent se ressourcer à travers l’écoute de la Parole de Dieu et l’Eucharistie qui sont essentielles à la vie de tout chrétien.

 La Loi Synodale n°16 concerne les jeunes dans la liturgie                 On constate malheureusement que les jeunes ne sont pas très présents dans notre paroisse. Il me semble que ce qui peut attirer les jeunes dans l’Eglise c’est d’abord l’exemple des adultes. N’avons-nous pas la responsabilité de faire rayonner la Joie de l’Evangile ? Si nous considérons la messe du dimanche comme une obligation dont nous devons nous acquitter pour être en règle avec les préceptes de l’Eglise Catholique, nous risquons de ne pas être attentifs et de passer à côté du message de l’Evangile, car trop préoccupés par nos obligations personnelles et familiales. Il me paraît essentiel de comprendre ce qu’est véritablement la Messe. Pourquoi allons-nous à la Messe ? Quelles sont les différentes étapes liturgiques ? A quoi correspondent-elles ? Pourquoi

Prononce-t-on certaines paroles ? Qu’est-ce que l’Eucharistie ? Comment et pourquoi communier ? Beaucoup de questions que ne se posent même plus certaines personnes ancrées dans leurs habitudes et qui ont oublié le véritable sens de la Messe. Je ne me permettrai pas de porter un jugement car en ce qui me concerne, il n’y a pas si longtemps que je l’ai moi-même redécouvert. Mais il m’arrive d’être un peu triste lorsque, après avoir reçu le Corps du Christ, me sentant en communion avec mes frères et sœurs, j’ai besoin de me recueillir, j’entends autour de moi des commentaires sur la longueur de la cérémonie !

 En effet, j’attache beaucoup d’importance à ce moment d’intimité avec le Christ qui est tout en tous ! et j’ai envie de partager cette Joie avec les personnes que je rencontre tout au long de la semaine. C’est d’ailleurs ce à quoi nous invite le prêtre lors de l’envoi en mission à la fin de la messe. Il nous appartient à nous chrétiens de témoigner du Christ ressuscité et de la Joie de l’Evangile en donnant envie aux plus jeunes de suivre notre exemple.

 J’ai reçu ce don de l’émerveillement qui me fait voir la vie d’une façon positive et malgré les épreuves que j’ai pu rencontrer, j’ai gardé en moi cette Joie de l’Evangile que j’ai envie de partager avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui n’est pas toujours évident pour les uns, mais peut être apprécié, par les autres !

 Françoise

4. avr., 2018

"Il est Vivant, le Christ est vraiment ressuscité,

Il est Vivant, nous en sommes témoins" !

 

Si chaque année nous revivons le Mystère Pascal, pour chacun de nous il résonne d'une façon particulière en raison des circonstances ou des événements qui "réveillent" notre foi personnelle.

En ce qui me concerne, la mort de maman, le Vendredi Saint, 2 avril 2010, jour même du 5ème anniversaire de la mort de Saint Jean-Paul II, alors qu'une dizaine de jours plus tôt, elle avait émis le souhait de mourir le Vendredi Saint, a été comme une sorte de révélation de ma foi en Dieu qui, depuis se trouve renforcée chaque année et plus particulièrement au moment de la semaine sainte.

Comme je l'ai déjà évoqué dans l'article précédent, maman écrivait des prières directement inspirées des évangiles. Elle avait ce don de l'écriture, directement inspiré de Dieu, pour exprimer sa foi et surtout en témoigner. C'est ainsi que pendant des années, j'étais la première personne à qui elle lisait ses textes pour avoir mon avis. J'étais, à cette époque, toujours émerveillée par la forme même si je n'en comprenais pas toujours le fond !

Pendant la quinzaine de jours qui ont précédé sa mort, quelques membres du personnel soignant et la directrice, de la Maison de retraite elle-même, se relayaient en notre absence pour lui relire quelques unes de ses prières. Le jeudi Saint, dans la soirée, alors qu'elle semblait inconsciente, j'ai choisi parmi les nombreux textes écrits, sur plusieurs années pendant les différentes semaines saintes, celui  intitulé "Gethsémani" c'est alors qu'elle a essayé, avec peine, d'entrouvrir les yeux et de soulever légèrement sa main, comme un signe d'A-Dieu. Ce petit geste, à peine perceptible, mais très riche de sens, que les quelques personnes présentes ont pu voir, exprimait tout ce qu'elle voulait nous dire et que nous avons compris sans qu'il y ait besoin de mots.

Ce moment, un des plus forts et des plus beaux de ma vie, ne peut laisser indifférent. il fut pour moi comme une sorte de "Confirmation" de ma foi qui ne cesse de grandir et que j'ai envie de partager. Depuis ce temps, je lis et relis ses prières qui m'aident à découvrir et interpréter l'Evangile dans ma vie d'aujourd'hui. C'est pourquoi je me sens le devoir de les faire connaître autour de moi. C'est comme une sorte d'héritage que j'ai reçu et que je me dois de partager. Les recueils "Prières sur mes chemins de femme" intitulés : "La Samaritaine" et "Sentiers d'Evangile" ne sont pas faits pour rester dans un tiroir mais pour être diffusés. 

Je crois que, pour les chrétiens que nous sommes, chacun de nous a reçu une mission et les moyens de l'accomplir, mais nous ne le savons pas toujours, ce sont les événements de la vie qui peuvent nous réveiller et nous révéler. Maman avait le don d'écrire des prières pour témoigner de sa foi, j'ai reçu celui de les faire connaître pour témoigner de la mienne.

Nous sommes tous appelés à être des "disciples missionnaires" comme en témoignent les paroles de ce chant :

1- Je vous ai choisis, je vous ai établis

Pour que vous alliez et viviez de ma vie

Demeurez en moi, vous porterez du fruit

Je fais de vous mes frères et mes amis

 

3- Recevez l'Esprit de puissance et de paix

Soyez mes témoins, pour vous j'ai tout donné

Perdez votre vie, livrez-vous sans compter

Vous serez mes disciples, mes bien-aimés.

Paroles et musique : Chants de l’Emmanuel (C. Lorenzi)

 

Je vous laisse méditer sur ce chant que j'aime beaucoup et j'espère vous retrouver nombreux à l'Assemblée Paroissiale du 14 avril afin de découvrir ensemble les moyens d'être "disciples missionnaires" dans notre paroisse. Nous avons tous quelque chose à apporter les uns aux autres !

Françoise

 

4. avr., 2018

"Je mets un Arc-en-Ciel au milieu des nuages pour qu'il soit le signe de l'alliance entre moi et la terre" (Gn 9)